Le boulevard Lumumba pendant la nuit à Kenge

Kenge, chef-lieu d’une province sans électricité mais avec peu d’eau

Le boulevard Lumumba pendant la nuit à Kenge
Par Glody Pinganayi

mer 17/07/2019 - 09:42

La ville de Kenge est devenue il y a deux ans, le chef-lieu de la province du Kwango à l’issue du découpage territorial de 2017 qui a fait passer la RDC de 11 à 26 provinces. A 275 Km de Kinshasa par route, la ville de Kenge est toujours sans électricité quatre ans après être passé du statut de cité à celui d’une ville.

Le Kwango est une province issue du démembrement de l’ex province du Bandundu. Kenge, son chef-lieu, n'est pas grand. Trois communes le composent : Camp Mukisi, Barrière et Masikita. Masikita est le centre des affaires et le siège de toutes les institutions provinciales du Kwango. C’est la Gombe de Kenge. Traversée d’un bout à l’autre par une seule route asphaltée, la route nationale numéro 1, la ville de Kenge ne possède pas d'installations électriques. La population recourt aux générateurs ou groupes électrogènes et panneaux solaires.

Dès que la nuit tombe, tout est noir. Seuls quelques coins sont éclairés, la résidence du gouverneur, les commerces, certaines maisons des particuliers, les propriétés religieuses et le boulevard Lumumba (sur 30m).

Didier Mwanza est un jeune diplômé de L'Université de Kinshasa dans la faculté d'agronomie. Sans emploi à Kinshasa, il est retourné dans sa ville pour s'y installer. Il croit au développement de sa province:" Je suis revenu dans le Kwango parce que je crois qu'il va décoller. Le courant électrique pose problème  mais ça viendra avec le temps. Aujourd'hui la ville vit un peu la modernité qu'il y a 5 ans. Nous ne comprenons pas pourquoi l'installation électrique tarde à venir alors que Bukanga-Lonzo qui est à quelques kilomètres a du courant." dit-il avant d'être coupé par son ami à côté.

Joël pense plutôt que le frein de Kwango relève de la guerre du leadership des ressortissants du coin. Il fustige ce comportement et en appelle au bon sens des autorités. "Plusieurs bonnes initiatives ont été prises pour le développement de cette province mais nos autorités ne sont pas unies et s'opposent entre elles. Personne ne soutient l'idée de l'autre si ce n'est que la sienne. Avec cette allure nous tournerons sans avancer.  Chacun devrait penser à la situation du peuple et pas  la sienne."

La société civile du Kwango avait plaidé en mai 2019, auprès du président de la république pour l'électrification et la distribution en eau potable pour ce coin du pays. « Nous recommandons l’électrification de la ville de Kenge par le soutirage du courant électrique à partir du parc agro-industriel de Bukanga Lonzo, le raccordement des quartiers de la ville de Kenge qui ne sont pas desservis en eau potable de la Regideso, la construction du barrage hydroélectrique de la chute de Tembo, capable d’alimenter tout le Kwango », expliquait Symphorien Kwengo, vice-président de cette structure à la radio okapi.

La Regideso fait mieux

La société nationale de distribution d'eau fournit des efforts pour donner l'eau potable aux habitants de Kenge. Elle a installé des bornes fontaines à des différents coins du chef-lieu et y vend de l'eau. Un bidon de 20 litres revient à 200Fc et à 1500Fc un tonneau de 200 litres. Chaque fontaine dispose d'un stock journalier et l'eau se vend le matin et les après-midi.

Mohammed Kabila habite Masikita, une fontaine est installée dans la parcelle où il habite. Il explique toutes les manœuvres opérées pour se procurer l'eau potable : " Tous les jours il y a du monde ici, les gens viennent déposer en avance les bidons en attendant la livraison d'eau par la Regideso. Il n’y a pas une heure fixe mais l'eau jaillit tous les 
jours à une quantité parfois insuffisante. On court à une autre fontaine quand on n'est pas servi. Nous puisons par ordre d'arrivée moyennant 200fc par bidon. Cette situation est plus acceptable qu’il y a trois ans."

Les deux autres communes restent sous-alimentées en eau potable, leurs habitants obligés de faire le tour de plusieurs fontaines.

Les autorités provinciales se réservent de tout commentaire mais affirment travailler pour l'avancée rapide de cette nouvelle province. Elles demandent également l'implication des privés pour le développement du 
Kwango.

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