Egypte-RDC : les supporters déçus de la place des évolués à Kinshasa

Par Job Bunana

jeu 27/06/2019 - 20:37

Mercredi lors du match Egypte-RDC, les émotions tanguaient entre espoir et déconvenue à la Gombe, place des évolués, aménagée par Orange/RDC pour la diffusion des matches de la CAN. L’espace de fête est devenue l’espace d’un soir, un espace de deuil.

À quelques minutes du début de la rencontre Egypte-RDC mercredi soir, les chaises prévues par Orange ne suffisent plus. Mais cela n’enlève rien à l’envie des supporters présents. Même débout, ils vont suivre ce match. L’ambiance est festive, les grillades se vendent comme des pains, surtout en cette période de saison sèche où la température baisse à Kinshasa. Ici, les supporters discutent de la première journée. D’autres recherchent des amis perdus dans la foule, alors qu’un peu plus loin, deux tourtereaux en couple se blottissent l’un contre l’autre. Question d’avoir un peu de chaleur. Car à 5 minutes de là, le majestueux fleuve Congo envoie sa brise du soir.

Lorsque la fanfare égyptienne entonne l'hymne national congolais, tous les supporters sont debout, reprenant en chœur l'hymne. Ils semblent tous comme habités par quelque esprit lorsqu’arrive la partie «… dressons nos fronts longtemps courbés et pour de bon prenons le plus bel élan ». La solennité qui se dégage de cet endroit en ce moment-là n’est pas feinte.

A l’entame du match, les placements et déplacements de chaque joueur sont scrutés à la loupe. La présence de Trésor Mputu au milieu de terrain semble satisfaire les supporters présents. À la dixième minute de jeu, les Léopards enflamment la place des évolués lorsque du bout de pied le défenseur central Marcel Tisserand rate de peu d'ouvrir le score. Les supporters se lèvent tous dans un mouvement synchrone tête en avant comme s’ils voulaient percer le vaste écran géant dressé à l’occasion. Avant de s’arrêter net. Et de se rassoir à l’unisson : le ballon de Tisserand n’est pas allé au fond des filets. Il s’est juste heurté au montant droit des buts gardés par El Shenawy.

Mais l’enthousiasme des pros-Léopards va prendre un coup à la 25e minute. Un silence de plomb pèse alors sur la foule lorsqu’El mohamady, dans une situation confuse en pleine surface de réparation congolaise, envoie d’un pointu le ballon dans les cages de Ley Matampi. L'Égypte vient de marquer son premier but, sur un coup de pied arrêté. La tristesse est palpable sur les visages. La tournure de la rencontre semble un peu injuste, surtout que le but est marqué un peu contre le cours du jeu. Florent Ibenge, le sélectionneur de la RDC, en prend alors pour son grade. Celui dont on louait quelques minutes plus tôt la composition de l’équipe est affublé de tous les noms d’oiseaux. Comme souvent quand les Léopards sont en mauvaise posture, c’est lui. Encore lui. Toujours lui qui est cloué au pilori.

« Il a laissé Kalambayi le gardien de Sanga-Balende et a préféré Matampi qui n’a joué que quelques matchs en Arabie Saoudite… il est temps qu’il parte », vocifère un supporter.

Le jeu se poursuit, les Léopards ne lâchent rien. Tisserand colle Mohamed Salah à la peau. Le ballon d'or africain n'arrive pas à se déployer sur terrain. Au regard du jeu que les Léopards développent sur terrain, la fan zone Orange/RDC garde de espoir. À la 40e minute, la tête de Bolingi finit aussi sa course sur la barre transversale du poteau d’El Shenawy. Une clameur monte de la place des évolués. Tout le monde est debout… les uns parlent de superstition, d’autres de manque de réalisme. Alors que le public discute encore sur les performances de Bolingi dans ce match, le joueur le plus dangereux de la CAN trouve le chemin des filets. Le pied gauche de Mohamed Salah ne laisse aucune possibilité à Matampi. Le gardien congolais plonge pour éviter les dégâts. En vain.

À 2:0 à la mi-temps, la moitié des supporters de la place des évolués vide les lieux. Remonter deux buts face à l’Égypte, une mission impossible, marmonnent ceux qui partent.

Le score en restera là. L’enthousiasme va baisser au fur et à mesure que les minutes s’égrainent. Quelques cris interviennent de temps en temps de la part des inconditionnels. Mais même eux n’y croient plus trop. À la fin de la rencontre, les discussions en petits groupes sont très brèves. Un par un chacun se dirige vers sa voiture ou l’arrêt du bus pour attendre un taxi.

La fan zone, elle, est toujours là et fixe rendez-vous aux supporters pour les prochains matchs de la CAN. Dont celui de la RDC contre le Zimbabwe, le dimanche 30 juin à 20h00’.

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