Coronavirus : le cri de détresse des Congolais vivant en Chine

Par Glody Pinganayi

mer 12/02/2020 - 14:47

La Chine fait face à une terrible épidémie de coronavirus déclarée sur son sol depuis le mois de décembre 2019 (Wuhan). Plusieurs ressortissants africains et d’autres continents ont été rapatriés par leurs gouvernements. Plusieurs autres aussi restent bloqués en Chine pour des raisons économiques et organisationnelles. Un seul africain, un ressortissant camerounais a été atteint du virus en Chine, une première depuis l’apparition de la maladie. Il est pris en charge en Chine et son état reste s’est amélioré renseignent ses amis. Les plans de la RDC pour sécuriser ses ressortissants en Chine face à ce virus restent flous.

Les étudiants congolais se trouvant dans la province de Hubei, l’épicentre de la maladie ne savent plus à quel saint se vouer. Entre la quarantaine et le manque de nourriture : tout devient compliqué. Bernardin Wola est étudiant en génie civil à Yichang la ville située à deux heures de train de Wuhan l’épicentre du virus. Il éprouve beaucoup de difficultés et doit prendre de risques pour survivre. “La confusion est totale dans notre communauté ni la coordination des étudiants, ni la diaspora ne nous apporte des solutions pour nous en sortir. Nous avions été prévenus de nous approvisionner en matériel médical et en nourritures pour tenir pendant la période de la quarantaine qui avait été donnée mais avec la prolongation de ce délai et des restrictions de plus en plus sévères, nous sommes coincés”, explique ce jeune homme d’une vingtaine d’années qui termine ses études en juin prochain. 

A Yichang plus personne ne quitte sa maison, la sortie se fait par autorisation, les aéroports, le métro, les banques, plus rien ne marche. D’autres gouvernements bien organisés ont cherché par tous les moyens pour venir en aide à leurs ressortissants. “Beaucoup de gouvernements avaient réagi d’une manière ou d’une autre, les plus nantis ont rapatrié leurs ressortissants et d’autres qui n’ont pas de moyens ont cherché à approvisionner leurs étudiants en biens matériels et nourritures parce que les banques ne fonctionnent plus. Mais nous nous n’avons rien de tout cela. L’ambassade ne nous a pas contactés et c’est plutôt nous qui l’avons fait”, explique Bernardin qui affirme que l’ambassade à Pékin est fermée et rouvrira le mardi 11 février. 

Dans la ville de Yichang, 45 étudiants congolais sont bloqués, et plusieurs d’entre eux seront à cours des vivres et des matériels médicaux. Bernardin affirme avoir fait trois semaines consommant la même nourriture. Il n’a plus rien comme réserve et cherche un moyen pour sortir et aller s'approvisionner mais ne sait pas s’il sera autorisé par la police qui quadrille les rues. Wola dit qu’il a “peur et il est stressé” lorsqu’il faut sortir de peur d’être contaminé. Pendant ce congé forcé, il passe ses journées à écrire de projets et faire la lecture des ouvrages pour lesquels il n’avait pas eu le temps.
Certains étudiants et ressortissants d’autres villes mènent une vie beaucoup moins stressante que Bernardin.

Situation du virus dans le monde du 12 février
Situation du virus dans le monde du 12 février

Christian Miezi est à l’Ouest de la Chine, dans la province de Hebei dans la ville de Xinle. Si sa province a enregistré de cas de coronavirus, sa ville est encore épargnée. Mais les restrictions sont de plus en plus sévères pour éviter la contamination. « Pour l’instant nous sommes en groupe dans la maison et on ne sort pas et on respecte les mesures prises par le gouvernement chinois pour éviter la propagation du virus. Le gouvernement congolais ne nous a pas contactés. J’aimerais rentrer un moment dans mon pays si l’on reporte la date de la rentrée académique mais les universités ne nous ont rien communiqué jusque-là », raconte cet étudiant de l’université Hebei Academic of Fine Arts. 

La seule solution que l’ambassade a offerte est le retour pour chacun par ses propres moyens financiers, elle ne faciliterait que les démarches. Ceux qui ont eu cette opportunité, l’ont saisie. A l’instar de Virginie Ndau. Cette étudiante congolaise à Pékin est rentrée au pays par ses propres moyens financiers. Elle passait son temps “en quarantaine et loin du monde extérieur”. Les étudiants de Pékin ont été contactés par l’ambassade et celle-ci leur a envoyé un enregistrement avec la liste de chacun d’entre eux pour s’assurer qu’ils sont en vie et bien portants. Leur situation était de loin meilleure que celle des autres compatriotes qui sont à Wuhan et Yichang où l’épidémie fait des ravages. Eux ils n’ont simplement nulle part où aller si le gouvernement congolais ne s’implique pas personnellement. 

Aucun congolais n’a été contaminé à ce jour et la RDC n’a pas suspendu ses vols directs avec la Chine. Les étudiants et ressortissants congolais pris au piège par l’épidémie attendent du gouvernement une réaction efficace et rapide.

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